CINE-CONCERT

L'homme à la caméra

 

La petite ville d’Odessa s’éveille. Un jour comme les autres s’annonce. « L’homme à la caméra » sillonne la ville, son appareil à l’épaule. Il en saisit le rythme et, à travers lui, celui des vies qu’il croise.  

Sans parole ni sous-titre, sans acteur ni décor, le film est d'une grande richesse formelle et le montage y joue un rôle central. Film fondateur du Kino-Glaz (ciné-oeil), L'Homme à la caméra est une  

 

démonstration, visant à prouver que le cinéma, quand il s'éloigne du récit, est le seul à pouvoir rendre compte de la réalité.

 

 

 

 

Le ciné-oeil

 

« Je suis un œil. Un œil mécanique. Libéré des frontières du temps et de l'espace, j'organise comme je le souhaite chaque point de l'univers. Je vous fais découvrir le monde que vous ne connaissez pas. »

 

Dziga Vertov, Manifeste de kinoks, 1923

 

Le film est construit sans scénario et avec le refus de toute théâtralisation ; il repose essentiellement sur le montage dont la puissance permet au réalisateur de montrer une autre « réalité ».

 

Regarder L’Homme à la caméra est une expérience sensorielle hors du commun. Le ciné-concert, conçu comme une performance par le pianiste et compositeur Pierre Boespflug, propose de prolonger cette expérience au travers une mise en musique et en sons qui, projetée sur l'image, en agrandira le spectre.

 

 

Cofondateur de la Compagnie Latitudes 5.4, Pierre Boespflug est un musicien actif sur la scène du jazz et des musiques improvisées. Il travaille souvent avec d'autres disciplines artistiques (théâtre, danse, marionnette, cinéma, etc.) et a crée de nombreux ciné-concerts pour des films de l'époque du muet (de Keaton à Murnau en passant Eisenstein), joués par des formations allant du solo au bigband.